Actualités · Droit administratif · – octobre 2026
L’article 1-bis du décret-loi n° 107 du 26 juin 2026, ajouté par la loi de conversion n° 152 du 7 août 2026 (Gazzetta Ufficiale, journal officiel italien, n° 192 du 20 août 2026) et en vigueur depuis le 21 août 2026, autorise les pouvoirs adjudicateurs (stazioni appaltanti) à suspendre, à la demande du titulaire, la récupération de l’avance (anticipazione) prévue par l’article 125 du code des marchés publics (décret législatif n° 36 du 31 mars 2023). La mesure vise les marchés publics de travaux en cours d’exécution et se justifie par les difficultés d’approvisionnement et les hausses exceptionnelles des prix des matériaux de construction, des carburants et des produits énergétiques résultant des conflits en cours au Moyen-Orient. L’paragraphe 1 fixe trois limites : la suspension dure le temps strictement nécessaire, s’opère dans la limite des ressources disponibles à législation constante et ne peut aller au-delà du 31 décembre 2026. L’paragraphe 2 exclut les interventions financées, en tout ou en partie, par des ressources du PNRR (plan national pour la reprise et la résilience). L’article 125 reste inchangé : dans sa rédaction en vigueur au 24 octobre 2026, il fixe l’avance à 20 pour cent de la valeur du marché, pouvant être portée à 30 pour cent par les documents de la consultation, à verser pour les travaux dans les quinze jours de la remise des travaux ; il subordonne son versement à une garantie bancaire ou d’assurance égale à l’avance majorée des intérêts légaux pour la période nécessaire à sa récupération selon le calendrier d’exécution, garantie réduite à proportion de la récupération progressive des sommes. L’article 125 ne règle pas les modalités de la récupération, laquelle s’opère dans la pratique contractuelle par des retenues sur les acomptes ; les certificats de paiement des acomptes sont émis par le RUP (responsable unique du projet) lors de l’adoption de chaque état d’avancement (stato di avanzamento) et en tout cas dans les sept jours (article 125, paragraphe 5). Toujours en phase d’exécution, depuis le 26 août 2026, l’article 2, paragraphe 8, du décret législatif n° 149 du 7 août 2026 a étendu aux magistrats fiscaux (magistrati tributari) l’interdiction de recevoir des missions de réception des travaux et de vérification de conformité (collaudo et verifica di conformità) prévue par l’article 116, paragraphe 6, lettres a) et a-bis), du code.
La suspension n’est ni automatique ni due. La loi « autorise » le pouvoir adjudicateur, qui statue sur la demande de l’entreprise et seulement dans la limite des ressources disponibles, condition qui l’oblige à vérifier la couverture permettant de payer les acomptes sans retenue. Il ne s’agit ni d’une augmentation du prix ni d’une nouvelle avance : les sommes restent à récupérer et la norme se borne à en différer la récupération, sans préciser comment les fractions non retenues seront résorbées à la fin de la suspension, au plus tard le 31 décembre 2026. L’article 1-bis ne touche pas aux autres règles de l’article 125, paragraphe 1 : le titulaire est déchu de l’avance, avec obligation de la restituer avec les intérêts légaux à compter de son versement, si l’exécution ne progresse pas selon les délais contractuels en raison de retards qui lui sont imputables, et la garantie reste calibrée sur la période de récupération. Le périmètre est étroit. En sont exclus les marchés de services et de fournitures, la norme visant les marchés de travaux, ainsi que toute intervention bénéficiant ne serait-ce que d’une part de financement PNRR, point à vérifier sur les actes de financement avant de présenter la demande. Le texte ne renvoie en outre qu’à l’article 125 du décret législatif n° 36/2023, alors que pour les marchés encore régis par le décret législatif n° 50/2016 en vertu de l’article 226, paragraphe 2, du code en vigueur, l’avance reste régie par l’article 35, paragraphe 18, de l’ancien code. À notre avis, en l’absence de renvoi exprès, la suspension ne peut pas se fonder sur l’article 1-bis pour ces marchés.
Note de synthèse du réseau CommercialistiAvvocati, élaborée à partir de sources juridiques et de pratique spécialisées. Le texte ne reproduit pas de contributions originales et ne constitue pas un conseil professionnel.